consécration à la Vierge Marie
Quel rôle pour les hommes, et que produit une consécration à la vierge Marie?
Consécration de la chorale de la paroisse Saint Pie X à la Vierge Marie.
Quel sens peut avoir une consécration de notre chorale, corps dont nous sommes les membres, à la Vierge Marie ?
Pour essayer de comprendre, il nous faut revenir aux origines c.à.d. à la création de l’homme.
La création nous est racontée dans un livre inspiré, les Ecritures Saintes. Cette histoire raconte comment Dieu fait « de l’homme ».
La toute première chose que nous apprenons, c’est que l’homme tient son existence de Dieu. Ceci n’est pas facultatif. La première relation que l’homme a avec Dieu c’est celle du Dieu créateur avec sa créature. Sans cela nous n’existerions pas et la chose serait entendue. Le fait d’exister n’est pas un choix c’est un don, un cadeau divin. Cela vaut pour la création entière.
Refuser un Dieu créateur comme le font les athées de nos jours est une ânerie et d’un orgueil monstrueux. Cela revient à dire que la créature est auto subsistante, ce qui dans le créé ne peut être. Seul Dieu, hors du créé, peut être autosubsistant et donc, pour nous, refuser Dieu c’est se prendre pour dieu.
Ceci est une pure illusion, l’homme est religieux en soi et ipso facto le rejet du vrai Dieu entraîne, consciemment ou non, le rattachement à un autre dieu, à une idole de remplacement.
Mais dans le dessein de Dieu l’homme est promu à autre chose que d’être simplement sa créature.
Son devenir c’est d’atteindre une relation de père à fils.
Donc en dehors de la relation de création l’homme peut également avoir une relation de filiation.
Contrairement au reste de la création assujettie à Dieu, l’homme est conçu avec une certaine liberté. Cette liberté, signe de l’amour de Dieu pour sa créature humaine, se traduit par la capacité de dire « Non ». Ce qui fait toute la différence avec le reste de la création. Cette liberté nous rend à « l’image de Dieu ».
Mais cette possibilité laissée à l’homme a entraîné, par suggestion, un choix erroné, une faute de mémoire (Adam et Eve étant intelligents). Une faute sur la connaissance en voulant être comme Dieu, connaître la source du bien et du mal, ce qui est impossible à l’homme et cause de mort. Ce qui s’est produit.
Tout le reste en découle. Vouloir se prendre pour Dieu nous coupe de Dieu.
Ainsi l’homme, qui avait une connaissance immédiate de Dieu, la perd.
Les malheurs qui nous assaillent et la mort en sont les conséquences.
La conséquence de ce désastre est, que la relation Père fils est rompue. Dans notre brouillard épais sous la férule du Malin nous sommes, même involontairement, incapables de choisir clairement notre vrai Père. C’est ce qui se produit entre autre pour les athées.
La situation dans laquelle nous nous trouvons est celle d’une relation père-fils complètement « tordue » et fausse. Dans ce monde mortel « de la génération » vouée au diable, les hommes ont une difficulté majeure voir insurmontable à ré-entrer dans une filiation juste.
D’où les phrases dures à entendre : « à quoi comparerais-je cette génération…
Génération de vipères
Vous avez le diable pour père (pharisiens et scribes) ».
Notre monde est ainsi fait ??
Comment faire pour en sortir ??
Toute la Bible le raconte…….Jésus le réalise.
Dieu ne peut plus être connu que par une relation médiate. Il se fait connaitre aux hommes par la médiation des anges : dans la Parole des Ecritures,
Dans ses œuvres
C’est Dieu lui-même qui nous guide pour retrouver le chemin vers lui en contractant de nombreuses alliances successives.
Pourquoi ces alliances ? Pour refaire de nous ce pourquoi nous avons été créés.
Faire de nous des hommes ayant une relation de filiation avec notre Dieu, et ceci en toute liberté, par amour.
Pour que cela soit possible l’homme a un choix que le restant de la création n’a pas. Il est capable de dire NON. Seul l’homme peut refuser Dieu, refuser son amour et sa relation Père-fils.
Mais au fil des alliances faites par Dieu et malgré elles, dans l’état de décrépitude dans laquelle nous sommes aucun homme n’est capable de recréer le lien de Dieu à l’homme. Seul lui peut en être l’origine, mais en y faisant participer l’homme.
Comment peut-il faire participer l’homme à son dessein ?
Il le réalise (et plus encore) par son incarnation dans le Fils, qui est l’union hypostatique de Dieu et de sa créature humaine.
Pour cette union, il a choisi Marie la toute pure conçue sans péché, lieu de son incarnation.
C’est la raison pour laquelle on peut l’appeler la nouvelle Eve.
Son Fils parfaitement pur né de Dieu et de la Vierge pure peut être appelé le nouvel Adam, car d’une nature humaine pure.
Jésus est et recrée la relation parfaite de filiation de Dieu avec les hommes. Père-fils.
Si Dieu est bien sûr Père parfait, Jésus est fils parfait obéissant en tout à son Père.
Son sacrifice sanglant est indispensable pour le rachat de l’erreur humaine qu’il porte sans y avoir pris part. Ceci entraine une disparition (une victoire) de la mort, (mort spirituelle dans laquelle nous étions, nous ramenant à avant le péché originel. Il est le nouvel Adam. Premier né d’entre les hommes.
Mais pas seulement. Il entraine la nature humaine, qu’il a, à la droite du Père donc en Dieu. Celle-ci est assumée en son corps de résurrection. La filiation est à nouveau existante entre Dieu le Père et l’homme, Fils. Pleine, entière, éternelle.
De fait, par notre nature, nous sommes partie prenante de Jésus si nous le voulons et le désirons. Il nous est à nouveau possible d’être par choix dans cette filiation. La condition est de se comporter en fils : « d’écouter et faire ».
Malheureusement nous subissons toujours les conséquences du péché originel et ce jusqu’à la fin des temps.
Nous sommes toujours dans ce monde de mort et dans cette génération malade sous l’influence du diable, seigneur de ce monde.
Mais le chemin nous est ouvert et nous avons la liberté de choix de dire un non à ce monde et choisir la Vie.
En réalité cela revient à choisir : oui, je veux la Vie spirituelle ou je me contente de la vie de ce monde et de ses attachements psycho-spirituels idolâtriques.
Dans notre condition, c’est donc un changement réel de vie spirituelle qu’il nous faut demander.
Comment faire ?
Ce que nous demandons, c’est de changer de filiation c.à.d. de changer de père et de mère.
Nous demandons à revenir dans la filiation de Dieu, dont Jésus est la figure parfaite du Fils, pour entrer dans la Vie. Ceci n’est possible qu’en quittant la filiation de la « génération » (biologique) de ce monde touché par le péché et dans lequel nous sommes.
Si nous n’avons pas le choix de notre filiation biologique qui nous fait entrer dans l’existence, nous devons faire un choix pour notre filiation à Dieu et donc nous pouvons décider et choisir la Vierge Marie comme notre mère spirituelle (réelle), mère de tous les hommes qui le veulent bien. Fils de Marie, dans le même mouvement et dans un état d’obéissance, nous pourrons recevoir Jésus comme frère et nous laisser guider par lui vers une relation Père-fils adoptif sainte.
Mais ce changement réel et vivant ne peut se faire d’un claquement de doigt.
Plongés dans ce monde sensible nous demandons à changer quelque chose, qui est du monde invisible, du monde spirituel.
Pour le réaliser vraiment il va nous falloir une médiation.
Il faut un signe dans le visible pour que cela existe réellement pour nous dans l’invisible.
Cela va être le rôle de la consécration.
La consécration, rendre sacré, est un rituel de l’Eglise.
Un rituel consiste à utiliser des choses sensibles, visibles, du monde (saint chrême, imposition des mains.. etc.) associées à des actes et à des paroles pour se mettre en présence, en relation avec le monde invisible.
Pour une relation sainte avec le monde invisible, ce rituel doit être fait dans la stricte obéissance à l’Eglise et par elle à Dieu.
Ce rituel de consécration va nous mettre en relation avec le monde invisible et nous permettre de demander à la Saint Vierge Marie qu’elle veuille nous prendre comme fils et nous guider comme enfants vers Jésus Dieu. Pour tout acte rituel il y a un prix à payer, ou un cadeau à offrir, qui correspond à un acte sacrificiel.
Dans notre cas c’est nous et ce que nous sommes que nous avons à offrir, ce que nous disons dans la prière finale de consécration.
En cela nous devenons ce que nous avons demandé, un petit enfant dont la mère est la Vierge Marie,
et donc dans l’état d’un petit enfant, dépendant complètement de sa mère, nourri par elle, guidé, éduqué.
Si nous ne réalisons pas cela, nous ne serons pas dans ce que nous demandons et la consécration restera sans effet.
Mais qu’en est-il de la chorale et du chant ?
Dans l’Ancien Testament, les chefs de chœur étaient des lévites c.à.d. de la tribu de Lévi dont la fonction était de servir au Temple comme chantres, ou comme sacrificateurs ; c’est parmi eux qu’on choisissait les prêtres.
Neh, 12 46 « du temps de David et d’Asaph, il y avait des chefs de chantres et des chants de louanges et d’actions de grâce en l’honneur de Dieu.
Asaph était une famille lévitique qui fournissait au culte les musiciens et les chantres.
Les fils d’Asaph étaient chargés des offices de la Maison de Dieu.
D’autre part dans le livre de Néhémie on apprend que pour la dédicace (c.à.d. la consécration inaugurale) des murailles de Jérusalem deux chœurs avaient été formés. Les chants accompagnaient le culte du Temple avec ses sacrifices.
Le fait que les chœurs et les chants étaient confiés aux lévites, souvent prêtres, révèle que la parole humaine était transformée en une parole sacrée de louange pouvant être agréée par Dieu.
Ainsi la consécration de la chorale fait que, dans le temps de son activité de chant, elle est « sacerdotale », ayant une fonction du prêtre. Comme il est dit : « vous serez un peuple de prêtres ».
Ainsi, par la consécration à la Mère de Dieu, notre chorale devient un chœur visible mais consacré, pouvant chanter une parole sacrée invisible, venant se joindre aux chants de louange des anges, dans une éternelle louange à notre Dieu.
Lire
http://www.salve-regina.com/Spiritualite/Consecration_Marie.htm
Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, le Bx Grignon de Montfort……
Par le P. Garrigou-Lagrange