parabole de la règle des cieux résumé 4

Publié le par joS

                     Le collier des paraboles traitant du Royaume des cieux.

 

 

Résumé 4

 

 

La parabole du vieux et du neuf

 

Contexte d’entrée dans la parabole.

Avant de prononcer cette parabole Jésus, entouré de ses disciples, nous montre deux situations dont les actes sont pour son entourage (et pour nous) pédagogiques.

--Dans un premier acte (Mt. 9. 9-13) Jésus se rend et mange avec des publicains chez le publicain collecteur d’impôts Lévi qui n’est autre que le futur évangéliste que Jésus nommera Mathieu.

Un publicain est un juif considéré comme impur du fait qu’il fait un métier impur. Dans le cas de Matthieu, il prélevait l’argent pour les romains, envahisseurs païens. Il avait donc contact et commerce avec les païens, considérés comme impurs. Les croque-morts avaient le même sort car ils avaient un contact avec les morts. Le mélange,  vivant/mort, était impur.

Se mélanger à des gens impurs rendait impur. Un bon juif respectant la Loi ne pouvait donc pas se rendre chez un publicain. Comment un rabbi et ses disciples pouvaient ils ainsi enfreindre impunément la Loi ? Et Jésus de leur expliquer la raison de sa présence. Un médecin n’était pas là pour les bien portants mais pour les malades, pas pour les justes mais pour les pécheurs. Mais ils ne comprenaient pas.

--Dans le deuxième cas, (Lc. 5. 33-35) ce sont les disciples de Jean eux-mêmes, qui sont des pharisiens, qui ne comprennent pas que les disciples de Jésus ne respectent pas le jeûne comme eux. A vrai dire ils ne pouvaient effectivement comprendre, et Jésus leur donne une explication qui est « les amis de l’époux ne jeûne pas lorsque l’époux est là ».

 Pour un juif averti de la Torah le mot époux fait immédiatement référence au Cantique des cantiques de Salomon.  Ce merveilleux poème d’amour est une allégorie de l’amour réciproque du peuple d’Israël, la promise, à son Dieu, l’Epoux. (Ou encore, l’Eglise avec son Dieu). Le but du jeûne est de se purifier pour s’approcher et être en communion avec notre Dieu. Mais si l’Epoux est présent le but est atteint, il n’y a plus aucune raison de jeûner, ce qui était le cas.

 Jésus à cet instant se nomme ( se dévoile comme) Dieu, ce que ne pouvaient comprendre les pharisiens.

Ainsi, ces deux actes révèlent que pharisiens et scribes ne comprenaient pas l’enseignement, ici en acte, de Jésus. Ils faisaient contre sens sur toute la ligne, bloqués dans leurs représentations anciennes.

Ainsi Jésus va donner une parabole expliquant les raisons pour lesquelles ils ne comprennent pas son enseignement, et par conséquent, apprendre ce qu’il faut faire pour comprendre.

 

L’énigme de la parabole se résume sous cette forme :

Pour comprendre l’enseignement de Jésus……il ne faut pas…recoudre une pièce neuve…..

                                                                                  Ou encore, il faut……

Nous voici à pied d’œuvre.

Lire la parabole : Du nouveau et du vieux.

 

A propos de neuf et de vieux.

Le simple bon sens nous dit qu’il ne sert de rien de découper un morceau de vêtement d’un vêtement neuf pour rapiécer un vieux. On perd les deux.

La seule vraie solution est de mettre un vêtement nouveau.

Mais que va-t-il lui arriver. Il va s’user et redeviendra vieux, ce qui nécessitera un renouvellement de la chose.

Nous  sommes donc dans un changement cyclique comme beaucoup de chose dans ce monde temporel, ce monde ci.

Ce nouveau n’est pas réellement du nouveau mais une répétition ininterrompue de l’ancien, un vêtement restant peu ou prou un vêtement identique à l’ancien simplement renouvelé.

Le même processus peut être décrit pour d’autres cycles comme :

La graine plantée disparait pour donner une nouvelle graine pratiquement identique

Le pain du boulanger que l’on cherche pour le manger pour reprendre le lendemain un nouveau pain… nouveau,  à vrai dire que très partiellement, car identique à l’ancien. D’ailleurs si le boulanger fait vraiment un nouveau pain tout le monde lui fait remarquer, généralement pour se plaindre, qu’il ne ressemble plus à celui fait auparavant.

Nous pouvons également trouver cela dans les changements liturgiques qui n’ont de nouveau que le nom étant du même type de nouveau que ce que nous venons de décrire.

Ainsi notre vêtement que nous portons dans ce monde ci, temporel serait de cet ordre. Que nous serions entrain de faire qu’une seule chose, faire indéfiniment le même nouveau. Répondant au dicton : « rien de nouveau sous le ciel ».

Mais quand dans la bible, ou quand Jésus parle de nouveau, est ce du même type de nouveau qu’ils parlent ?

Ecoutons Isaïe

43. 18      Ne pensez plus aux évènements passés

                 Et ne considérez plus ce qui est ancien

                 Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d’arriver

                 Ne la connaitrez vous pas ?

 Voici du nouveau qui ne semble pas faire suite à de l’ancien.

48. 6-8    Maintenant je t’annonce des choses nouvelles

                Cachées, inconnues de toi.

                 Elles se produisent à présent, et n’appartiennent pas au passé

                 Jusqu’à leur avènement tu n’en avais aucune connaissance

 

                 Afin que tu ne dises pas : Voici je le savais

                 Tu n’en as rien appris, tu n’en as rien su

                 Et jadis ton oreille n’en a point été frappée

                 Car je savais que tu serais infidèle

                 Et que dès ta naissance tu fus rebelle  

Dans le premier paragraphe nous voyons que le nouveau annoncé n’a rien à voir avec le passé. Ce n’est pas du « nouveau inscrit dans un cycle » C’est vraiment du neuf complètement inconnu. Nouveau du type de la révélation dont nous ne pouvons avoir aucune connaissance si on ne nous l’apprend pas.

Le deuxième paragraphe nous dit pourquoi cela ne nous avait pas été révélé. Dans notre situation de chute, dans ce monde temporel et dans les conditions ou nous sommes, nous l’aurions assimilé à ce nouveau dont nous avons l’habitude et on aurait dit « je le savais » rabattant le Nouveau dans un nouveau cyclique déjà connu, et nous n’aurions pas reconnu la véritable nouveauté, ce qui arrive aux pharisiens et aux disciples de Jean.

Mais qu’est ce qui empêche de voir le Nouveau ?

Revenons au vêtement et essayons de savoir de quoi il fait signe, du point de vue intelligible.

Ou encore de quoi le vêtement est il la figure. Quelle est l’analogue du vêtement ?

Il nous faut donc trouver des similitudes entre le vêtement et « X », la chose intelligible que nous cherchons.

Quelle est la chose X dont nous pourrions dire, comme pour le vêtement :

      Elle est élaborée et façonnée par l’homme

      Elle est extérieure couvrant la peau

      Elle protège de ce qui entre  ainsi que de ce qui sort

       Elle a un rôle de filtre et de régulation

       Elle cache : elle cache la peau, mais également elle cache l’être que nous sommes

       Comme le vêtement elle permet de dire l’habit ne fait pas le moine,

       Ou à l’inverse l’habit fait le moine.

Mais le fait de cacher la peau a encore un autre effet. L’interdit de voir la peau sacralise la peau révélant quelle fait signe d’autre chose. Cet interdit traverse tout l’ancien testament ;

Ainsi dans Ge.2. 25 on apprend : « l’homme et la femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient pas honte. »

Puis, un peu plus tard après la catastrophe. Ge 3. 21 « YHWH fit à Adam  et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit ».  L’on pourrait dire qu’il leur fit une deuxième peau.

Avant la chute Adam était  en communion avec Dieu, et on pourrait, de façon imagée, dire que sa peau était en contact immédiat avec Dieu, capable de le connaître et de prendre conscience de sa présence. . (En effet, l’homme d’avant la chute avait une connaissance immédiate de Dieu  signifiée par sa nudité dont il n’avait point honte).

Ou encore, Adam était « recouvert » de Dieu.

Nous pourrions dire que la peau est analogue à la capacité de connaissance et de prise de conscience de l’homme.

Après la chute il perd le lien et la proximité de Dieu. Il est coupé de Lui….Il se trouve nu, et pour couvrir cette nudité Dieu lui fait une deuxième peau qui ressemble à ce que nous recherchons pour le vêtement. Le vêtement serait une image de cette deuxième peau, qui protège et cache la première peau capable d’être en contact immédiat avec Dieu.

Ainsi ce vêtement qui est notre deuxième peau fait filtre entre le monde extérieur et nous. Il fait également filtre dans ce que nous donnons à voir de nous.

Il s’agit de tous les éléments psychiques que nous avons mis en place au fil de notre vie pour filtrer ce qui nous parvient de l’extérieur et ce que nous voulons bien montrer à l’extérieur.

Le vêtement représente nos représentations psychiques que nous nous sommes forgés pour vivre dans ce monde. Que nous avons incorporées tel un tissu inclus dans notre peau, modifiant, voir, faussant notre capacité à connaître.                             

Ils formeront nos critères d’analyse du monde que nous verront toujours au travers de ce filtre, qui sera notre façon de voir le monde.

C’est ce qui nous empêche, pour une part, de comprendre les paroles et les actes de Jésus. Car analysé au travers des critères anciens que nous nous sommes forgés, nous n’arrivons pas à voir la nouveauté, ou nous la rabattons dans une compréhension toute faite ancienne, qui empêche de voir du neuf vraiment nouveau.

Ainsi nous comprenons mieux ce qui se produit quand une véritable nouveauté apparait (ce qui est rarissime). Nous l’analysons avec nos critères et la faisons coïncider avec un schéma que nous connaissons déjà. Ce ne sera donc perçu que comme un nouveau très partiel que nous connaissons déjà, tel le pain du boulanger et qui  s’usera comme le reste.

Mais Jésus ne parle pas d’un nouveau de ce type et Isaïe le prophétise ;

Is. 51. 6-8     Levez les yeux vers le ciel, et regardez en bas sur la terre.

                      Car les cieux s’évanouiront comme une fumée

                      La terre tombera en lambeaux comme un vêtement

 Is.51. 16      Je mets mes paroles dans ta bouche

                      Et je te couvre de l’ombre de ma main

                      Pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre

                      Et pour dire à Sion tu es mon peuple                                                                                                                                                                                                                                                                          

Ainsi le cycle neuf vieux va disparaître pour un nouveau totalement nouveau que Jésus vient nous annoncer mais que nous n’arrivons pas à voir car nos critères d’analyse d’homme déchu nous empêchent de recevoir le vrai Nouveau.

Nos Rois de France avaient un manteau avec des fleurs de lys.

Puissions-nous avoir un manteau couvert d’étoiles comme la Vierge Marie

Le vêtement de Jésus devint d’une éclatante blancheur à la transfiguration.

Mais n’allons pas trop vite et revenons à nos outres… prochain résumé.

Publicité

Publié dans Etude gr. de prière

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article