parabole de la règle des cieux résumé 5
Le collier des paraboles traitant du Royaume des cieux.
Résumé 5
parabole du vieux et du neuf...suite.
« Et personne n’ajoute de vin nouveau à des outres vieilles
Afin que ne soit éclatées les outres
Et que le vin ne soit perdu et les outres perdues
Mais on ajoute le vin nouveau dans des outres neuves et les deux se conservent.
Et personne ne boit du vin vieux et aussitôt désire du nouveau, car il dit le vieux est agréable. »
Nous avions vu qu’il était impossible « d’ajouter » du vêtement nouveau à du vêtement vieux car les deux se perdent, se détruisent. Il y a incompatibilité entre les deux, l’un détruisant l’autre, le nouveau ne pouvant prendre « souche » sur l’ancien. Le seul moyen est de renouveler entièrement le vêtement, d’en changer.
Si le vêtement correspond à nos représentations psychiques du monde, nos préjugés, notre vision du monde et tout ce qui nous en parvient, discours et enseignements vont être colorés de ces représentations. Les connaissances que nous allons acquérir seront donc modifiées, mélangées ;
D’où une parole énigmatique de Jésus, souvent interprétée à la hâte.
Lc 17, 16-17 ; Mt 19, 13-15 ; Mc 10, 13-16
Jésus dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. »
En quoi le royaume de Dieu ou la règle de Dieu est pour eux ? Car un enfant est capable « d’entendre » l’enseignement parabolique, c.à.d. du royaume de Dieu, n’ayant pas encore d’idées reçues toutes faites, préconçues, l’empêchant d’entendre le nouveau. Son « vêtement » est pratiquement vierge sans représentations psychiques. Il va faire siennes, les paroles de Jésus. Donc lorsque Jésus nous demande de redevenir comme des petits enfants, il nous demande de purifier et de déraciner en nous les représentations psychiques que nous avons acquises au contact du monde. Ces représentations nous empêchent d’avoir une connaissance juste de ce qu’il veut nous enseigner : du nouveau. Ce nouveau qui doit nous habiter.
Mais il semble que pour recevoir ce nouveau il n’y a pas que le vêtement qui doit être changé mais il faut également que les vieilles outres soient changées.
Jésus va être à l’origine du vin nouveau. Mais pour que ce vin nouveau ne fasse pas éclater les vieilles outres, il faut des outres neuves.
En quoi consiste cette outre ? De quoi est-elle la figure ? Quelles sont les similitudes qui permettront de découvrir à quoi correspond cette outre du point de vue intelligible ?
Voyons comment Job parle de façon allégorique de l’outre.
Job 32. 17-21 A mon tour, je veux répondre aussi,
Je veux dire aussi ce que je pense.
Car je suis plein de parole,
L’esprit me presse au-dedans de moi ;
Au-dedans de moi c’est comme un vin qui n’a pas d’issue,
Comme des outres neuves qui vont éclater.
Je parlerai pour respirer à l’aise,
J’ouvrirai mes lèvres et je répondrai,
Je n’aurai point égard à l’apparence.
Dans Job plusieurs images nous sont montrées traitant de l’outre.
L’on voit qu’il va nous falloir trouver le sens de l’outre, qui est le contenant, mais également celui du vin qui est le contenu.
D’abord, on apprend que contrairement au vêtement qui est extérieur, recouvrant la peau, l’outre et le vin font partie de l’intériorité de l’homme.
Job nous apparait comme « rempli » de vin, sous pression, qui n’a pas d’issue, que ce vin sous pression est comme l’esprit qui le presse, la parole dont il est rempli. Donc ce vin à l’intérieur de Job est assimilé à l’esprit qui l’anime et à la parole qui demande à sortir à flot.
D’ailleurs on parle allégoriquement de « l’esprit du vin ».
Mais il faut aller plus loin dans la compréhension de la figure du vin.
Cherchons des similitudes entre la « figure » du vin et le sens qu’il supporte.
Il est le résultat d’un travail de l’homme sur la nature, une fermentation dirigée et canalisée. (Comme le pain).
Il a comme effet l’ébriété, qui correspond à une atténuation ou à une abolition de notre conscience raisonnable.
Son effet serait donc d’ouvrir l’esprit à un autre type de conscience.
D’ailleurs, dans cet état de conscience, il peut y avoir confusion.
Ac. 2. 13 Mais d’autres se moquaient et disaient
Ils sont pleins de vin doux.
En réalité ils étaient pleins de l’Esprit Saint. L’inspiration des apôtres par l’Esprit Saint les mettait dans un état qui évoquait l’ébriété pour les incrédules.
Le vin traduit cette ouverture à l’inspiration. La capacité à recevoir la parole inspirée.
Mais où est reçu ce vin.
Certaines images peuvent l’évoquer : le vin réjouit le cœur.
Vide ton cœur
Souvenons nous que Jésus transforme le vin en son sang, et que du cœur du crucifié coula sang et eau.
Ainsi le siège de ce vin dont parle Job est le cœur.
Pour la pensée hébraïque le cœur est le siège de l’intelligence, de la volonté et de la mémoire
Ce vin est donc l’ouverture et la réception de l’inspiration qui nous permettra l’intelligence de cette inspiration.
Mais revenons à l’outre.
Elle est également une peau, ce qui nous fait trois peaux.
Elle a comme qualité de conserver le vin dans le temps.
Elle permet que ce vin reste à notre disposition et que nous puissions en user si nécessaire. Pour ainsi dire elle restituera le vin.
Elle est comme la peau du cœur contenant le vin ou….le sang.
Ainsi toute parole inspirée reçue dans le cœur sera interprétée puis mémorisée
Cette fonction, mémoire correspond à la figure qu’est l’outre, qui sert de récipient à nos connaissances.
Cette mémoire, avec le temps, va vieillir, se « scléroser ». On comprend dès lors que toute nouveauté, tout vin nouveau, c.à.d. toute inspiration nouvelle va entrainer bien des perturbations, sur la mémoire ancienne et sur le « vin » ancien et nouveau qui risquent fort d’être rejetés, c.à.d. se perdre.
L’analyse d’un enseignement inspiré comme celui que Jésus nous propose va être entendue et lue selon les critères et au crible de ce que nous avons déjà en mémoire. Il nous sera donc très difficile d’entendre et d’accepter le nouveau, qui viendra contrarier ce que nous avions mémorisé surtout si ce nouveau est sans aucune référence à l’ancien que nous connaissons déjà. Si ce nouveau est parfaitement inconnu et étranger à nos connaissances, nous le rejetterons car il n’entre pas dans nos critères connus. Et Jésus vient nous apporter du nouveau entièrement inconnu, la Règle des cieux.
Rappelons-nous les phrases du prophète Isaïe annonçant :
48. 6-8 Maintenant je t’annonce des choses nouvelles
Cachées, inconnues de toi.
Elles se produisent à présent, et n’appartiennent pas au passé
Jusqu’à leur avènement tu n’en avais aucune connaissance
Afin que tu ne dises pas : Voici je le savais
Tu n’en as rien appris, tu n’en as rien su
Et jadis ton oreille n’en a point été frappée
Car je savais que tu serais infidèle
Et que dès ta naissance tu fus rebelle
Voilà du nouveau parfaitement inconnu qui ne fait pas partie de ce nouveau qui n’est que copie et répétition de l’ancien.
Du nouveau dont nous n’avons aucune mémoire possible car jamais appris, ni su, ni entendu. Aucune comparaison possible avec de l’ancien qui nous ferait dire « je connais déjà » et donc rabattrait le nouveau dans de l’ancien connu en en faisant disparaître la nouveauté.
C’est ainsi qu’Isaïe prophétisait les paroles et enseignements de celui qui devait venir au nom de Dieu, Dieu lui-même.
Pour recevoir cette nouveauté véritablement nouvelle, il faut que nous soyons des outres neuves non encombrées de nos vieilles mémoires qui risquent de bloquer notre compréhension du nouveau.
Hélas, il semble que nous soyons une nouvelle fois infidèle et rebelle.
En effet, de la Révélation de Jésus nous avons fait une tradition comme les juifs pour la Torah. Elle est devenue une mémoire et nous ne recevons plus le nouveau atemporel que nous enseigne Jésus et qui devrait transformer notre sens et notre vision du monde. Nous vivons ce nouveau jaillissant sans le voir comme une tradition, et croyons faire du nouveau sans voir que ce nouveau n’est qu’une éternelle répétition de l’ancien.
Et même de cela Jésus nous prévient :
« Et personne ne boit du vin vieux et aussitôt désire du nouveau, car il dit le vieux est bon ».
Même si nous recevions et comprenions son nouvel enseignement, habitué à l’ancien qui est devenu notre confort, auquel nous nous sommes faits, nous risquons de le refuser. Car inhabituel, étranger à nos habitudes, nous ne le trouverions pas à notre goût.
Et c’est bien ce que nous faisons avec les paroles actuelles de Benoît XVI. Nous les rejetons car nous les trouvons étranges, pas dans le vent du siècle, pas selon ce que nous connaissons. Mais peut être a-t-il les paroles atemporelles de Jésus et de la Règle des cieux qui est invariable, selon une vérité immanente et non pas relative comme nous le voyons dans notre monde. Il serait bon de s’y pencher sérieusement et sans l’a priori qu’est notre vêtement.
Ainsi cette parabole qui s’adressait aux scribes et aux pharisiens du temps de Jésus reste tout à fait actuelle.
Pour entendre l’enseignement de Jésus :
Il faut accepter de changer de « vêtement » et d’outre c.à.d. d’accepter de modifier notre vision du monde, et déjà de prendre conscience que nous sommes manipulés par toutes nos représentations acquises.
Il faut accepter de changer de mémoire, la mémoire ancienne empêchant l’installation dans nos cœurs d’une nouvelle mémoire (comme si on nous demandait de changer de code de la route).
Jésus nous met en garde. Même ces changements peuvent être insuffisants pour accepter le nouveau qu’il enseigne. Nous apprécions le vieux vin auquel nous nous sommes habitués et avons pris goût. Du vin nouveau risque de nous être désagréable car nous n’y avons pas encore pris goût et si nous ne faisons pas un effort de volonté pour le découvrir nous risquons de le rejeter.
Pour comprendre et pouvoir suivre Jésus il faut redevenir comme un petit enfant.
Prenons quelques exemples pour illustrer cette parabole.
Lc 16. 19-31 « Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin
Et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.
Un pauvre nommé Lazare, était couché à sa porte……….(lire)
Nous sommes là en présence d’un homme portant un « vêtement » de riche.
On nous dit donc que ses représentations psychiques, sa vision du monde sont ceux d’un riche. Ils l’empêchent de voir la misère qui l’entoure. Pour lui tout simplement elle n’existe pas puisqu’il ne la « voit » pas. Après sa mort, « voyant » son erreur, il veut faire prévenir ses 5 frères de cet aveuglement pour leur éviter la « mort » spirituelle. Abraham lui indique qu’il leur suffit de suivre la Loi et les Prophètes. Mais ceci certainement, le riche pensait l’avoir fait…mais en pharisien riche, et pas selon l’esprit de la lettre, comme ses frères devaient le faire. Et il devait craindre que le résultat ne soit le même, et que ses frères rejetteraient l’esprit (qui pour eux serait du nouveau) ne voyant pas la nouveauté. Et Abraham de répondre, que s’ils n’étaient pas capables de changer grâce à la parole de Moïse, un miracle, dût-il être percutant, n’entrainerait non plus une conversion.
Jn 2. 1-10 noces de Cana (lire)
« …….le vin venant à manquer……….
………Il appela l’époux et dit : tout homme sert d’abord du bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. »
Dans ce cas de figure, il n’ya plus de vin. L’ouverture à l’inspiration et l’inspiration manquent.
Jésus va miraculeusement faire le signe de ce pour quoi il est venu, apporter une « inspiration nouvelle ». Celle-ci, traduite par un vin nouveau en abondance, est meilleure que celle qu’avait servie l’époux au début des noces.
C’est exactement l’annonce de ce que va faire Jésus Il va apporter dans ce monde une parole divine donc parfaitement inconnue, parfaitement nouvelle. Cette Parole-acte va accomplir ce qui existait auparavant, accomplissement parfait puisqu’il est divin. Le meilleur « vin » que l’on puisse espérer.
Ainsi dans la parabole du vieux et du neuf, Jésus nous prévient que, si nous voulons connaître et prendre conscience de la nouveauté des « Cieux » qu’il nous apporte il fallait absolument quitter nos préjugés anciens, ainsi que toutes ses idées anciennes et mémorisées qui font le lit de nos automatismes de pensée. Ce n’est qu’à ce pris que nous pourrons l’entendre et le suivre.
Rappelons-nous qu’on ne se débarrasse pas aussi facilement de notre vieux vêtement et de nos vieilles outres…
Conclusion.
Deux barrières doivent être franchies pour que les paroles de Jésus puissent être entendues et que nous en ayons une conscience véritable.
La parole devra passer la barrière de l’écoute, car nous écoutons avec toutes nos catégories sociales, nos préjugés psycho-sociaux et donc nous déformons le sens de la parole.
La parole devra encore traverser une deuxième barrière, celle de nos mémoires remplies de croyances anciennes et invétérées.
Pour éviter ces obstacles Jésus nous parle à travers des images qui nous montrent comment nous fonctionnons.
Ces deux barrières font fonctionner notre limite « connaissance-conscience » qui est figurée par la peau.
La connaissance correspondant à ce qui entre venant de l’extérieur
La conscience ce qui va s’exprimer à l’extérieur.
Jésus vient nous donner un vêtement et un cœur nouveau.