Mariage
Le sacrement du mariage.
Chère C.
Comme je te l’avais promis je te fais un petit travail de compréhension du sacrement du mariage qui, comme tu peux le supposer est tout autre chose que le PACS ou même le mariage républicain profane qui pourtant le copie de près.
Pour commencer il faut d’ abord retenir que dans ce cas :
Il s’agit d’un acte religieux donc à caractère sacré. Sacré voulant simplement dire qu’il est un signe révélant une autre réalité qui n’est pas immédiatement visible.
D’autre part qu’il s’agit d’un sacrement. Le sacrement consistant en un acte dans le présent associé à une parole qui marque tout l’être à vie, de façon indélébile, qu’on le veuille ou non par la suite. Une image que je pourrais prendre même si elle n’est pas toute a fait adaptée. Ce sont les pactes des jeunes qui se marquent par une estafilade et le mélange de leur sang (cinéma). La trace est à vie dans la chair.
Donc les conséquences de cet acte ne sont en rien négligeables, je puis l’affirmer. Je ne parle pas pour des veaux je parle pour des hommes.
Il y a donc quelques préalables incontournables pour aller au mariage religieux.
Il faut bien sur croire en la réalité de Dieu. J’entends par la qu’Il ne peut être une super structure intellectuelle mais qu’Il « est » réellement et agit dans le monde pour le bien de l’homme.
Il faut donc également croire en l’Homme selon la création et non pas selon la théorie évolutionniste darwinienne. Si l’on peut émettre des hypothèses de ce type (et encore sous qu’elle forme) pour l’espèce humaine, il faut retenir une création selon le « mythe » des Ecritures Révélées pour la nature humain. Elles sont fort difficiles à comprendre et ne sont évidemment pas à comprendre au sens littéral des créationnistes ce qui est certainement aussi bête voir plus que l’évolutionnisme.
Au fond avant tout, il faut lire le Credo de l’Eglise et y adhérer par la raison puis par la foi, qui normalement en découlera, pour pouvoir se marier en connaissance de cause.
On va progressivement se rendre compte que le sacrement du mariage va fonder par cet acte et surtout cette parole l’humanité en nous et la séparer radicalement de l’animalité.
En effet une relation sexuelle, avec tout l’affect que l’on veut, ne fait pas de nous des Hommes (humanité), les animaux en font autant et les lionnes sont certainement très affectueuses !!!
Le mariage va être au fondement du Droit pour l’Homme.
Il sera vraiment équivalent à une vocation religieuse.
Mais entrons dans le vif du sujet pour comprendre.
Je me baserai sur le catéchisme du Concile de 30 qui pour moi a l’avantage d’être plus clair.
Donnons d’abord une définition du mariage.
Le Mariage est l’union conjugale de l’homme et de la femme, contractée selon les lois de l’Eglise, et constituant une communauté de vie inséparable.
(Voir aussi définition catéchisme de l’Eglise catholique).
On constate que l’on peut retenir deux volets dans cette définition :
-- le Mariage est l’union conjugale de l’homme et de la femme contractée selon une loi.
-- contractée selon les lois de l’Eglise constituant une communauté de vie inséparable (indissoluble).
Le premier volet correspond au mariage naturel.
Le second correspond au mariage surnaturel religieux chrétien.
On voit déjà une première chose, c’est que la relation sexuelle ne fait pas partie de la définition. L’essence du mariage n’est pas l’autorisation, ou une légalisation de la relation sexuelle. Celle ci est tout à fait réalisable en dehors du mariage. La relation sexuelle n’est pas spécifiquement humaine. En fait elle devient humaine dans ce contrat qu’est le mariage. D’ailleurs la relation sexuelle (ce que l’on entend par la consommation du mariage) n’est pas nécessaire pour la validité du mariage.
De fait les rituels de mariage existent de tout temps, et dans toutes les civilisations. L’on verra que le mariage s’origine dans la nuit des temps ou hors temps puisque dans le récit de la Genèse, Parole révélée de Dieu qui raconte la création de l’Homme il y est déjà implicite et « naturellement » associé.
Donc si l’essence du mariage n’est pas la relation sexuelle qu’elle est elle ?
L’essence du mariage est l’union d’un homme et d’une femme, liés par un contrat de parole énoncé au présent.
La encore on voit que rituel et parole fondent l’Homme.
Suivons les mots de la définition :
Il s’agit d’abord d’une union entre deux personnes un homme et une femme.
Pour qu’il y ait union il faut un consentement intérieur réciproque, donc des deux partis.
Pour que ce consentement soit efficace il faut un pacte qui sera une parole dite dans le temps présent. Acte qui signera au moment de l’énonciation cette union.
Il faut que ce consentement soit pris en toute liberté et en connaissance de cause ce qui est difficile à réaliser.
Pour sceller ce pacte il faut encore une tierce personne qui soit témoin de la parole et qui s’en portera garant.
L’on voit que un garant humain ne peut être que relatif et limité d’une fiabilité toute humaine.
Comme la source du mariage, je le disais plus haut, s’origine en Dieu
Le seul garant fiable est bien sur Dieu lui-même, témoin hors du temps comme le sera l’acte dit au présent, éternel et immuable.
Mais au fond à quoi consent-on dans le mariage ?
A vrai dire il ne s’agit pas d’une mise en commun de ce qu’on a, ce qui se produit mais qui est un résultat second. (Exemple le PACS)
Il s’agit d’une cession de tout son être à l’autre, corps et âme. Il s’agit du don de soi à l’autre. On donne à l’autre tous les droits sur soi, mais aussi en échange il prend ipso facto tous les devoirs qui s’y rattachent et ce sur l’exemple du Christ.
On peut apercevoir la quelque chose de l’ordre du fondement du droit humain.
Enfin la notion d’union conjugale indique que les deux impétrants sont sous le même joug, ce qui n’a aucunement le sens de fardeau, comme on le laisse si souvent entendre. Le joug a comme effet de lier deux individus et que leurs actions se feront dans le même sens, la même direction pour atteindre le même but. (cf. le laboureur et son attelage).
Essayons maintenant de mieux saisir la profondeur et l’immuabilité de cette loi naturelle inscrite en l’homme et le différenciant radicalement de l’animal.
Allons plonger aux sources, la création de l’Homme.
Lisons le second récit de la création. Gen. 2,7-25 et essayons de comprendre sans préjugé.
D’ abord il s’agit de « faire » de l’Homme c'est-à-dire de l’humanité.
Dieu façonna Adam (l’Homme) poussière rassemblée et resserrée de la Adamah – Il fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l’Homme devint un être vivant. Dieu planta un jardin en Eden, vers l’orient, et y plaça l’Homme qu’il avait façonné. Dieu fit surgir du sol toute espèce d’arbres, beaux à voir et propres à la nourriture ; et l’arbre de vie au milieu du jardin, avec l’arbre de la connaissance (science) du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin……Dieu prit donc l’Homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner. Dieu donna un ordre à l’Homme en disant : « Tous les arbres du jardin tu peux t’en nourrir, mais l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point : car, du jour où tu en mangeras, tu dois mourir ! ». Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’Homme soit isolé ; je lui ferai une aide digne de lui ». Dieu avait formé de matière terrestre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les amena devant l’Homme pour qu’il avisât à les nommer : et telle chaque espèce animée serait nommée par l’Homme, tel serait son nom. L’homme imposa des noms à tous les animaux qui paissent, aux oiseaux du ciel, à toutes les bêtes sauvages ; mais pour lui-même, il ne trouva pas de compagne qui lui fût assortie. Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormit ; Il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place. Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’Homme, et il la présenta à l’Homme. Et l’Homme dit : « Celle-ci, pour le coup est l’os de mes os et la chair de ma chair ».celle ci sera nommée Isha, parce qu’elle a été prise de Ish. C’est pourquoi l’homme abandonne son père et sa mère ; Il s’unit à sa femme et ils deviennent une seule chair. Or ils étaient tous deux nus, l’homme et sa femme, et ils n’en éprouvaient point de honte.
D’abord et avant tout saisir qu’il s’agit d’un texte mythique (dit, inspiré).
Mythique veut principalement dire secret pour nous avertir qu’il ne faut surtout pas l’interpréter sur le mode littéral.
Il faut s’attacher et respecter la traduction du texte initial pour conserver les images qui doivent nous apprendre quelque chose
(Un peu comme pour les contes où on ne peut inter changer les animaux par exemple pour Lafontaine sans perdre le sens).
Ainsi on constate que le mot terre existe dans la bible sous deux termes différents qui ne sont pas pris au hasard
Eretz : qui est la terre, la glaise, qui donnera par extension le pays ou la planète terre.
Adamah : qui est la terre cultivée. Celle la même qu’Adam doit ensuite travailler. De plus la Adamah comme par hasard est le féminin de Adam.
De plus Adam n’est pas façonné par la Adamah mais par la « poussière tirée de la Adamah ». L’image qui nous est donnée à voir est le façonnement de l’Homme Adam d’éléments dispersés abstraits de la Adamah ;
Adam est la synthèse des abstractions tirées de ce que l’homme devra travailler : le jardin d’Eden.
Il est façonné de toutes les formes que sa contemplation (beau à voir) et son travail (propre à la nourriture) dans le jardin, vont lui révéler. (D’où la notion de l’homme microcosme de nos anciens).
Allons plus loin :
Dieu fit pénétrer un souffle de vie. Ce souffle de vie est la lumière rationnelle (Qui n’est pas le résultat d’un perfectionnement progressif de nos neurones), ce souffle circule dans le corps et vivifie le corps comme l’air qu’il respire par ses narines, et il devient âme vivante c.a.d. corps animé don unique de l’Esprit de la vie.
Il y a une différence importante dans la création de l’animal et de l’Homme. Les animaux sont la production de la terre (Adamah) créés âmes vivantes, tandis que l’homme est façonné de la poussière de la terre (Adamah) et c’est le souffle rationnel de Dieu qui le fait âme vivante. Les animaux font parties des formes du monde, l’Homme intègre les formes du monde et prend vie dans le don du souffle rationnel de la Vie. L’Homme n’est donc dans ce cas pas d’abord un animal puis devient homme. Il est souffle de raison puis âme animante. Ce souffle de vie devient dans le corps d’Adam un esprit doué de parole
A quoi lui sert ce fameux jardin qu’il doit travailler ?
Une nouvelle fois pas d’explication littérale. Ce jardin est une condition de son humanité.
L’Homme est mis dans un carré au milieu d’un cercle. (Mandala)
La caractéristique de ce jardin carré est qu’il est limité le séparant du reste de la nature, qu’il est le lieu d’une culture particulière, que l’on peut entrer et sortir. Il est une protection.
Au contraire le cercle est vaste, sans limite comme l’horizon, l’univers, le cycle du temps (samsara). L’Homme serait englouti dans cette immensité incapable de penser s’il n’avait de repères. (Tu as tout fait avec mesure, nombre et poids).
Donc la condition pour penser pour un Homme nécessite qu’il soit mis dans un jardin.
Et qu’a-t-il à faire dans ce jardin ?
Le cultiver, le contempler, et manger notamment des fruits de tous les arbres sauf un. L’arbre montre symboliquement le rapport du visible à l’invisible. Ils sont la métaphore de la symbolicité du monde. (Connaître Dieu par ces œuvres et sa Révélation).
Donc tous les arbres sont de arbres de la connaissance dont il faut ce nourrir sauf un).
L’Homme acquière cette connaissance en se nourrissant et en contemplant le jardin qu’il doit travailler. (Connaissance rationnelle et intuitive).
Mais cette connaissance libre ne lui est possible que par une révélation qu’il ne doit pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette connaissance appartient à Dieu et est donnée à l’Homme sous la forme de la connaissance innée de la conscience du bien et du mal.
Jusqu’à présent l’Homme n’est pas encore achevé « il n’est pas bon que l’Homme soit seul ».
Dans un premier temps Dieu lui demande de nommer les animaux qui défilent devant lui.
Apparition du langage mais comment l’Homme peut il nommer ce qu’il ne connaît pas ?
Mais si l’on regarde l’origine de chacun
Les animaux sont produits de la Adamah ;
L’homme est façonné de la poussière tirée de la Adamah.
La poussière est extraite de la Adamah comme les animaux. On peut donc dire que d’une certaine façon la poussière contient tous les animaux, et que l’Homme reconnaît en lui-même les « formes » des animaux. Cet acte de reconnaissance lui permet de les nommer.
Les animaux symbolisent les aspects de la vie psychique humaine
Cette auto connaissance de l’Homme lui permet d’explorer son animalité mais il ne se reconnaît pas. Il ne trouve rien en lui-même qui soit l’expression de ce qu’il est.
Pour le révéler à lui même il faudra un nouvel acte divin.
Cet acte se produit en l’absence de toute conscience « dans un profond sommeil ».
Dieu extrait du coté de l’Homme un os et modèle de chair la femme. Cet acte fait apparaître en même temps du masculin et du féminin. La différentiation sexuelle apparaît la. La différentiation sexuelle de l’Homme est un acte de Dieu lui révélant sa nature humaine. La vue de la femme lui montre enfin ce qu’il est et il le dit : » Elle est l’os de mes os et la chair de ma chair ». L’os est ce qui est de plus intérieur à l’homme. Il symbolise l’essence humaine (la nature humaine) et la chair (basah) dont le sens est : exprimé, extériorisé, manifesté, d’où le terme annonce (besora).
Ainsi le dire d’Adam, qui se nomme à partir de cette différenciation ish (homme), est :
« Elle est l’essence de mon essence humaine et l’expression de mon expression (ou manifestation), cette humanité qui me constitue.
La femme isha est donc l’intériorité de l’Homme, elle manifeste son essence, elle est la « gloire » de L’Homme, (ce que dit Paul)
Si l’homme manifeste la totalité de l’Homme Adam, la femme manifeste dans le monde son intériorité, son essence, la nature humaine.
On comprend mieux la suite du texte.
L’homme quittera son père et sa mère, c.à.d. il quittera le cycle de la génération qui nous donne notre corps animé, pour s’unir à sa femme et devenir une chair unique c.à d. être la manifestation de l’humanité. On comprend également pourquoi il ne peut y avoir qu’un homme et une femme et que la réunion des deux est unique (selon l’expression j’ai trouvé ma moitié).
Voila un début d’explication sur ce que représente le mariage naturel qui exprime simplement dans le monde visible ce que nous sommes, des Hommes et que ceci est inscrit en nous, ce n’est pas une option.
Franchissons une nouvelle étape et venons-en au mariage « surnaturel ». Le Sacrement du mariage.
Jusqu’à présent nous avons vu que l’Homme « éprouve » le besoin d’un contrat dans son union sexuelle homme- femme qui ne fait que manifester sa nature humaine et le différentie de l’animalité.
Pour que se contrat soit indissoluble et pour ainsi dire hors du temps, le seul témoin non arbitraire parfaitement fiable est Dieu lui-même.
L’efficacité du sacrement vient du fait que c’est Jésus (homme et Dieu) lui-même qui agit.
Le sacrement est constitué de signes sensibles et d’une parole. La pratique du rituel du sacrement confère la grâce qu’il signifie.
On comprend que ce mariage sacramentel ne peut être efficace et être donné que dans le cadre de l’Eglise puisqu’il dépend de Jésus et que c’est un don qu’il lui a fait.
D’autre part pour qu’il puisse agir, il faut que l’Homme puisse être en relation avec son Dieu ce qui est le cas depuis la venue de Jésus sa passion, mort et Résurrection annulant la rupture du lien provoqué par le péché originel qui est je le rappelle une faute sur la connaissance. Le baptême est donc nécessaire puisque justement il annule cette incapacité de lien avec Dieu.
Une fois ces conditions remplies que fait le sacrement ?
Il est fait de signes sensibles par exemple le pain dans le sacrement de l’Eucharistie. Ce pain est signifiant d’autre chose et associé à une parole « ceci est ma chair » ce pain devient de façon invisible la chair de Jésus. Et manger cette chair nous fait participer à sa divinité.
Mais quel est le signe sensible dans le mariage ?
Et bien ce sont les époux eux-mêmes qui sont les signes sensibles du sacrement, complété par leur parole : veux-tu me prendre comme époux, oui je le veux.
Dans cet acte ils font signe d’une autre réalité dans l’invisible, celle de l’union du Christ (époux) avec l’Eglise (épouse) pour faire un, le Corps mystique.
Ceci pour tendre vers ce pour quoi nous sommes faits. Devenir un peuple voué au culte du vrai Dieu.
L’on comprend mieux l’importance de ce mariage puisqu’il lie dans une réalité visible une réalité invisible, unique et indissoluble.
L’on comprend mieux la sacralité de l’union sexuelle correspondant à cette union mystique du corps de l’Eglise avec l’Epoux, le Christ.
Comme le Christ nous dit : »prenez et mangez, ceci est ma chair », pour que nous fassions un avec lui
Les époux sont sacrements vivants visibles et leur union fait une seule chair.
Leur union physique dans le contrat sacrementel avec Dieu est la figure de l’union invisible du corps mystique avec son Dieu dans sa seconde hypostase Jésus.
De ces raisons découlent les règles attachées au mariage. (Cf. catéchisme).
Le sacrement confère des grâces particulières apportant une aide aux époux dans les tribulations de la vie. (cf. catéchisme).
Je ne détaille pas ces aspects. Cette lettre n’a pour but que de montrer la profondeur de l’acte que vous allez réaliser au mois d’août et dont on n’est en général pas trop conscient.
Je vous embrasse tout deux.