"Monde à venir" - "monde venant"

Publié le par joS

                       «  MONDE  à  VENIR »  --------   « MONDE  VENANT »

 

 

 

 

Mt 12.  32  « Quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. »

Ep 1.  21  « Il l’a déployé (la puissance de Dieu) en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé, non seulement dans le siècle présent mais encore dans le siècle à venir. »

He 2. 5  «  En effet, ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons. »

He 6. 5  « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne Parole de Dieu et les puissances du monde à venir,… »

He 10. 1  « En effet, la loi qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. »

 

Les trois termes que nous trouvons dans la bible « siècle à venir,  biens à venir, monde à venir peuvent être réunis sous le terme de « monde à venir »

Mais de quoi s’agit il ?

Ce langage projette ce monde dans un futur. Il l’inscrit donc dans un temps correspondant à ce monde temporel dans lequel nous vivons, dans le temps présent.

Le monde à venir serait donc celui qui ferait  suite à se « monde ci » càd. Le monde présent ?

Si on traduit plus littéralement le texte hébreux, On trouve : ha’olam haze, le monde ci, et ha’olam haba qui se traduit plus exactement par, le monde venant. Cette modification de traduction et du langage entraîne également une modification du sens puisqu’un « monde venant » n’est plus projeté dans un futur lointain, mais est toujours présent pouvant surgir à tout moment. Ce monde venant est donc hors du temps, atemporel, pouvant surgir n’importe quand dans ce monde ci, le monde présent.

La meilleure image que je puisse donner pour illustrer ces termes serait ;

Nous sommes sur une route, dans un brouillard très dense ou nous n’avons comme seule visibilité le bord de la route. Notre monde présent se résumera au bord de la route. Brusquement le brouillard se déchire et il apparaît un magnifique paysage avec des arbres et des prairies. Ce paysage a surgi dans notre monde. Il est entré dans notre présent. En réalité il était là de tout temps mais invisible à nos yeux.

Il suffit que le brouillard se déchire pour qu’il surgisse dans notre « monde », sans que nous ayons besoin d’attendre un futur, post mortem.

Le « monde à venir » est donc une erreur de langage. Il vaudrait mieux l’appeler le « monde venant ». Il peut se manifester par surgissement dans le monde temporel, le « monde ci » et ce à n’importe quel moment de ce temps ci, puisque lui-même est hors du temps.

 

 

 

Existe-t-il des exemples du monde venant surgissant dans le monde présent ?.

 Oui.

Ex 33. 11  « Et YHWH parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. »

 

La transfiguration

Mt 16. 2   « Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici Moïse et Elie leur apparurent, s’entretenant avec lui. »

 

Les apparitions de Jésus ressuscité.

 

La Pentecôte.

Ac 2. 2  « Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où  ils étaient assis. Des langues semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et ils mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de parler. »

 

Enfin tout près de nous Le moment de L’Eucharistie, la transsubstantiation du pain et du vin en la Chair Et le Sang du Christ.

 

Du point de vue individuel, les moments « d’union » des grands mystiques comme

Sainte Thérèse d’Avila sont également  un surgissement du monde venant dans l’être de Sainte Thérèse.

 

Les manifestations du monde venant dans le monde ci ne sont donc pas rares. Mais, hélas, elles ne sont pas reconnues comme tel. Le monde « à venir » est là, maintenant, et tout le temps.

 

Quel est le rapport du « monde venant » avec Dieu ?

Le monde venant et le monde invisible ne sont pas une seule et même chose.

Nous allons nous aider de deux textes de l’Ecriture.

 

Ge 28. 11  « Jacob arriva dans un lieu où il passa la nuit ; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là. Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel.

Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle

Et voici, YHWH se tenait au dessus d’elle ; et il dit : Je suis YHWH, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; 

Tu t’étendras à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité.

Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne t’abandonnerai point, que je n’ai exécuté ce que je dis.

Jacob s’éveilla de son sommeil et il dit : Certainement YHWH est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas !

Il eut peur, et dit : Que ce lieu est redoutable ! C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des cieux ! Et Jacob se leva de bon matin ; il prit la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa pour monument et il versa de l’huile sur son sommet. Il donna à ce lieu le nom Béthel.   (Béthel   =   la maison de Dieu). »

 

He 2. 5  « En effet, ce ne sont pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons……En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui soit soumis. »

 

Ayant saisi que ce monde venant (ou à venir) peut surgir à tout moment dans ce monde présent, il ne faudrait pas le confondre, et faire l’amalgame avec le monde invisible créé. Le monde venant ne fait pas parti du ciel dont parle notre credo, lorsque il dit « Dieu tout puisant créateur du ciel et de la terre » Le monde venant ne fait pas partie du monde invisible créé qui est le monde des anges càd. le monde des archétypes.

Lorsqu’on relit le songe de Jacob on voit une échelle qui va faire lien entre la terre pour toucher le ciel. Le sommet de l’échelle touchait le ciel. Les anges ne descendent pas du ciel mais montent jusqu’à la porte du ciel (Marie : Porte du Ciel)

Pour nous rapporter de l’information. Ainsi ce ciel ne serait pas le ciel du monde invisible  créé, des anges, mais les cieux, Règle (ou Royaume) de Dieu. Et d’ailleurs le credo poursuit et dit un plus loin «  et il est monté aux cieux et est assis à la droite du Père » Donc ces « cieux » ne correspondent pas au « ciel » de «  sur la terre comme au ciel ». Le ciel du monde invisible est le monde angélique dont le rôle est d’être les messagers du monde venant (à venir) les cieux,  qui est le monde transcendant de notre divinité, hors de la création.

Cette explication est redonnée par Paul dans l’Epître aux hébreux.

Il montre bien que l’action des anges dans le monde présent n’est pas à confondre avec le monde venant.

En effet le monde à venir n’est pas le monde appartenant aux anges, ils n’en sont que les messagers.

Le rôle des anges est d’être une source d’inspiration pour nous. Pour cette inspiration, venant ou transitant par des messagers du monde créé, cela nécessite du discernement. Car si les messagers porteurs de la parole du monde venant sont d’une grande aide pour notre édification nous pouvons être confrontés avec une inspiration provenant des anges déchus qui grâce à leur autonomie peuvent nous égarer et être cause de chute.

 

Existerait il une source d’inspiration autre que celle des anges ?

Au fil du travail que nous faisons nous commençons à apercevoir que le monde venant surgissant dans le monde présent est une intervention directe de notre Dieu sans intermédiaire. Un surgissement de la Vie intra divine, de notre Dieu transcendant.

Il se laisse connaître au début de la genèse lorsqu’il instaure le 7è jour, jour où il est dans son repos. Pour bien nous le signifier il pose un interdit du travail afin que nous ne le confondions pas en tant que Dieu dans sa création.

Nous retrouvons bien des situations dan la bible où Dieu parle-agit sans intermédiaire, càd. sans l’intermédiaire des anges.

Ex 33. 11 « YHWH parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. »

Dans cette situation l’enseignement de Dieu à Moïse ne se fait pas par l’intermédiaire des anges il est directe.

L’on peut donc dire que Jésus dans ce monde ci est le monde venant. Ses paroles et son enseignement sont du monde venant. Pierre le dit :

Jn 6. 67-68 « Jésus, donc dit aux douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller, Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions nous, tu as les paroles de la vie éternelle »

La parole de Jésus, même si elle utilise le même langage que la Révélation ne ressemble pas à la parole de Moïse. Elle est nouvelle, et les pharisiens ne s’y trompent pas, puisqu’ils lui demandent, d’où provient son savoir ?.

Ces paroles n’ont pas pour origine la parole de Moïse, elles la dépassent de beaucoup. En toute logique la déduction menait à l’origine divine de cette parole, et reconnaître que Jésus était Dieu.

Bien d’autres situations correspondent également à cet enseignement direct de Dieu à l’homme.

L’enseignement de Paul lors de sa conversion sur le chemin de Damas.

L’action du Saint Esprit à la Pentecôte.

Ces moments avec enseignement sont une incursion du monde venant dans ce monde ci.

Un autre exemple, est l’action de Jésus sur Thérèse d’Avila lors de ses extases.

 

Ainsi nous avons deux situations possibles dans la transmission de la parole de Dieu, ou dans son mode d’action, dans le monde ci.

 

Dieu     ----- ›   Révélation à   Moïse    ------›    peuple

 

   ------------ ›   Jésus (Dieu)       -------›         Paraboles au  peuple et disciples

 

La différence d’action de Dieu dans ce monde-ci nous est bien montré lors d’un miracle de Jésus, celui du paralytique de la piscine de Bethesda :

L’on voit l’action de Dieu dans sa création par l’intermédiaire des anges et l’action de la parole de Jésus, guérissant sans aucun intermédiaire.

Jn 5. «…. sous ses portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l’eau ; car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau ; et celui qui y descendait le premier après que l’eau avait été agitée était guéri,…..

Là se trouvait un homme malade…Jésus l’ayant vu couché…lui dit : veux tu être guéri….Lève toi dit Jésus, prends ton lit, et marche…..C’était un jour de shabbat….

Jésus lui dit ne pêche plus…Les juifs poursuivaient Jésus, parce qu’il faisait ces choses le jour du shabbat.

Dans le premier cas de guérison l’action de Dieu se fait par l’intermédiaire des anges qui utilisent   (instrumentalisent) un élément du monde, l‘eau, pour produire le miracle.

Dans le cas de Jésus qui est Dieu aucune intervention autre que sa parole. Sa Parole est une action du monde venant. Celle-ci se réalise d’ailleurs un jour de shabbat qui est la figure même du monde venant, repos de Dieu transcendant. Donc cet acte de Jésus n’est aucunement en contradiction avec l’interdit du travail. Il s’agit d’un acte divin et le travail de Dieu n’a rien à voir avec le travail des hommes. 

  Nous pourrions schématiser les deux situations :

 

Dieu  -----›  anges  --------›  eau + malade  --------›   guérison

 

Dieu Jésus  ----------------------------------------------›    guérison

 

 

 

Parole du monde  -- Parole du monde venant.

Lorsque l’on analyse le langage de la Révélation de Dieu à Moïse et le discours des  paraboles de Jésus on constate qu’ils sont du même type,ce qui n’est pas surprenant puisqu’ils sont du même auteur, pourrais je dire.

Parole anthropomorphique de Dieu pour que tout homme, dans tous les temps, dans toutes les cultures puisse approcher le message divin.

Cette parole utilise des termes très banals du monde commun : objets, situations, les scènes de la vie du monde ci.

Très rapidement l’on peut comprendre que l’interprétation de cette parole peut se faire à plusieurs niveaux. Interprétation historique et morale qui pourront donner lieu à une véritable jurisprudence. C’est le langage des scribes et des pharisiens si ce stade n’est pas dépassé. C’est exactement ce que nous avons tendance à faire avec l’Evangile.

Ceci n’est pas la finalité de ces textes. Approcher de plus près leur sens nécessite un travail différent. Purification, prière, et travail analogique permettront d’approcher le sens archétypal de ses textes, par inspiration angélique. Il faut se souvenir qu’il existe une corrélation très étroite  entre le monde sensible des objets et le monde invisible, archétypal. Nous nous rendrons compte que ces textes intéressent principalement notre nature humaine et son rapport à Dieu.

Interpréter l’Ecriture au niveau des figures n’est pas une mauvaise chose mais insuffisant et Paul nous le dit.

Hé 5. 11  « Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non de nourriture solide.

Or quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice (justesse) ; car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. »

 

 Existerait il un autre langage que celui que nous pouvons espérer recevoir du monde archétypal, proposé par la vision du monde ?

Il existe, effectivement dans les Ecritures,  une Parole encore plus profonde.

 

Mt 3. 16  « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je me suis désiré. »

Nous avons à la fois réuni en une et même chose, le monde venant et sa Parole.

 

Jésus, par ailleurs, parle de ce monde venant, mais nous avons du mal à le discerner et, peut être, de le séparer de l’inspiration du monde angélique archétypal.

 

Jn 7. 37-39  « Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Ecriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » 

 

Jn 8. 12  « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la Vie. »

 

Ecoutons Sainte Thérèse de Jésus. (Vie écrite par elle-même, Ch. XXè).

« Les paroles que Dieu prononce sont à la fois parole et oeuvres ; et bien qu’il ne les prononce pas pour exciter notre dévotion, mais pour nous adresser des reproches, il dispose l’âme dès le premier mot, la rend apte à le servir ; il l’attendrit et l’éclaire :il lui donne sa joie et sa paix….il veut, ce semble, lui faire comprendre qu’il est tout puissant et que ses paroles sont des œuvres. »

 

Ainsi le monde venant est le surgissement de la Vie intra divine, transcendante, hors de la création, dans le monde présent ou monde ci. Appelé également le Royaume des cieux. Il s’agit de Dieu dans son repos  du 7è jour de la semaine, jour de shabbat, ce qui est tout autre chose que Dieu dans sa création que nous approchons par l’intermédiaire du monde archétypal.

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Publié dans Travail biblique

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