un esprit impur
Existe t'il plusieurs sortes d'enseignements ? Un exemple pédagogique nous est montré
UN HOMME AVEC UN ESPRIT IMPUR
Mc 1. 21-23 (traduction littérale à partir de l’interlinéaire grec/français)
Et ils pénètrent dans Kfar Nahum
Et aussitôt, lors du shabbat
Entrant dans la synagogue il enseignait.
Et ils étaient frappés de l’enseignement de lui
Il était en effet enseignant eux comme ayant autorité
Et non comme les scribes.
Et aussitôt, se trouvait dans la synagogue d’eux
Un homme avec un esprit impur
Et il s’écria disant : Quoi à nous et à toi, Jésus le Nazarénien ?
Es tu venu perdre nous ?
Je sais toi qui tu es, le Saint de Dieu.
Et rabroua lui, Jésus disant :
Sois muselé et sors de lui.
Et secouant lui, l’esprit l’impur
Et criant d’un grand cri, il sortit de lui.
Et furent terrifiés tous, en sorte se demander à eux même en disant
Qu’est ceci ?
Un enseignement nouveau avec autorité
Et aux esprits impurs il ordonne, et ils obéissent à lui
Et sort, la renommée de lui aussitôt, partout dans entière la région de la Galilée.
Jésus vient de choisir ses premiers disciples Simon et André son frère, Jacques et Jean.
Ils étaient tous les quatre des pêcheurs. Il leur demande de laisser leur filet et la pêche car il va faire d’eux d’autres pêcheurs… des pêcheurs d’hommes. La « figure » que représente leur métier de pêcheur va être similaire à ce à quoi Jésus les destine, pêcheurs d’hommes.
L’homme pêche du poisson (sens) pour s’en nourrir et s’édifier.
Les apôtres vont pêcher des hommes pour qu’ils puissent être unis à sa divinité.
Jésus les a choisis. Il va les enseigner pour qu’à leur tour ils puissent enseigner (évangéliser) et être de ce fait pêcheur d’hommes.
Et Jésus commence son enseignement
L’enseignement qu’il va donner se passe à Capharnaüm et un jour de shabbat, à la synagogue.
Le texte nous révèle deux situations différentes se passant toutes les deux dans la synagogue.
Dans un premier temps nous voyons Jésus faire un enseignement concernant les textes. En effet, le jour de shabbat les juifs se réunissaient dans la synagogue pour la lecture de la Torah et des prophètes et en faire des commentaires(les midrashim). Ils lisaient et écoutaient la Parole de Dieu.
Jésus probablement avait fait la lecture et la commentait, mais les gens font tout de suite la différence entre l’enseignement des scribes et l’enseignement de Jésus
A cette première situation fait suite une seconde, toujours dans la synagogue. Dans l’assistance se révèle une personne infestée par un esprit impur. La manifestation se fait par des cris et des paroles. Et Jésus lui interdit de parler et le libère.
La question des gens terrifiés à la vue de cette scène est : est-ce un enseignement nouveau fait avec autorité ?
Ainsi nous entendons dans ce texte parler de trois sortes d’enseignements
-L’enseignement de la Torah par les scribes
-L’enseignement de la Torah par Jésus
-Et un enseignement tout à fait particulier de Jésus qui consiste en une parole qui a pour effet de libérer la personne d’un esprit impur.
En quoi consiste l’enseignement des scribes ?
Nous avons appris que l’enseignement de la Torah par les scribes était un enseignement des pratiques des « figures » de la Torah donc un enseignement jurisprudentiel et moral.
En effet la Loi, ou Torah, Parole de Dieu révélée à Moïse pour un peuple, dur d’oreille et enténébré (c.à.d. comme nous le sommes souvent) se révèle par des « figures ». Celles-ci, pour être prégnantes et pour qu’elles agissent sur le peuple, nécessitent une interprétation pour la mise en pratique. Cette interprétation a été faite par Moïse et nombre de rabbis entrainant toute une jurisprudence qui était les règles qui structuraient et guidaient tout le peuple juif. Mais il est une chose, de comprendre la raison d’être d’une loi et une autre de l’appliquer dans la ténèbre la plus complète. (Attention à la foi informe…enténébrée). Le résultat ultime de cette situation, c’est de prendre la jurisprudence pour finalité. (Ex : shabbat, Jésus se plaint du fardeau que font peser les scribes sur le peuple.)
En quoi consiste l’enseignement de Jésus sur la Torah ?
L’enseignement de Jésus est un enseignement sur les « causes » des choses, éclairant la raison d’être des « figures » de la Torah, donc un enseignement sur la Règle des cieux dans la Révélation. Les gens présents ne s’y trompent pas. En effet, il parle avec autorité, Il illumine la raison d’être de la Loi et donc d’en avoir une pratique consciente et « éclairée ».
Quel enseignement nouveau nous apporte la libération de l’esprit impur ?
Pour saisir l’acte que fait Jésus, il faut d’abord comprendre l’importance que peut avoir la notion du pur et de l’impur.
Toute la Torah est imprégnée de cette notion de pur et d’impur traduit par des interdits.
Interdit de toucher, de porter certains vêtements, de manger certaines choses…etc... Les interdits sont posés par Dieu lui-même, le Lévitique en est plein, dictés à Moïse et à Aaron.
Un autre interdit existe dans la bible mais qui sert à révéler le sacré. Ainsi on interdira aux profanes de rentrer dans le sanctuaire pour signifier que ce lieu est sacré, c.à.d. que le lieu fait signe de quelque chose d’invisible, mais ceci n’est pas directement notre propos.
Mais nous pouvons faire remarquer que l’interdit est posé dans les deux cas pour nous rendre attentif à quelque chose qui n’est pas de l’ordre du sensible, mais que le sensible fait signe de quelque chose d’invisible.
Prenons un exemple dans l’ordre du sacré : interdiction à quiconque d’entrer dans le Saint des Saint du temple hormis le grand prêtre. Pour faire signe que c’est l’endroit invisible de la manifestation de YHWH notre Dieu.
Mais pourquoi interdire de manger certains animaux considérés comme impurs ?
Qu’est ce que être pur ou impur ?
Est pur ce qui est sans aucun mélange à contrario est impur ce qui est mélangé.
Ainsi on saisit immédiatement que la pureté parfaite est Dieu trois fois Saint, parce qu’il est Un et sans mélange. Ne peut approcher Dieu que ce qui est parfaitement pur.
Dans le créé, est pur ce qui a atteint sa perfection. Ou encore ce qui a atteint son entière individuation.
C’est la raison pour laquelle tous les commandements et interdit de la Torah sont là pour aller vers une différentiation la plus complète possible, et une interdiction radicale sur tout ce qui risque d’entrainer mélange et confusion.
Pour l’animal, l’individuation est au niveau de l’espèce en accord avec son archétype. Il n’y a pas de choix pour un individu dans l’espèce. Pour que cet individu soit pur il lui faudra posséder toutes les caractéristiques de l’espèce. Ainsi un cochon qui a les caractéristiques des ruminants pour ses pieds, mais qui ne rumine pas, ne peut être qu’impur.
Pour l’homme, il aura atteint son individuation complète lorsqu’il aura assumé entièrement sa nature, la nature humaine.
Pour l’homme son individuation parfaite, le rendant pur et saint à l‘image de Dieu sera atteinte lorsqu’il sera uni à Dieu. Un seul est dans cette situation c’est Jésus, parce qu’il est l’union parfaite de la nature divine et de la nature humaine, sans confusion, dans « l’union hypostatique » et cette union est pleinement manifestée dans la résurrection. Premier homme, nouvel Adam assumant entièrement la nature humaine pure et sainte.
Le péché originel rompant le lien entre Dieu et l’homme, celui-ci ne peut y accéder et donc ne peut se trouver qu’en état d’impureté. Il n’assume pas entièrement sa nature, il n’est donc pas entièrement individué. (Is. 6. 5-10)
Depuis la passion, mort et résurrection de Jésus le lien avec Dieu est rétabli pour tous ceux qui le veulent et l’union de l’homme à la divinité est à nouveau possible. Mais à la différence de l’animal, l’homme a la liberté de choix : soit de réaliser progressivement sa véritable individuation, soit de choisir la confusion.
L’éloignement et l’enténèbrement qui persistent l’expose à de multiples dangers, causes de mélanges de toutes sortes au niveau physique, psychique, spirituel. Ce mélange est impureté.
Ainsi nous pouvons retenir que la finalité de la création, l’union de l’homme à son Dieu, est un travail de différentiation pour arriver à une individuation, à une pureté parfaite. L’interdiction de mélanger est pédagogique pour bien montrer le but à atteindre. Ainsi les quatre quadrupèdes impurs sont « mélangés » car ils ne portent pas toutes les caractéristiques du ruminant qui est pour la bible :
Lv 11. 4-8 « Voici les animaux dont vous mangerez parmi toutes les bêtes qui sont sur la terre.
Vous mangerez de tout animal qui a la corne fendue, le pied fourchu, et qui rumine.
Mais vous ne mangerez pas de ceux qui ruminent seulement, ou qui ont la corne fendue seulement.
Ainsi vous ne mangerez pas le chameau.., le daman.., le lièvre qui ruminent mais qui n’ont pas la corne fendue, vous les regarderez comme impurs.
Vous ne mangerez pas le cochon, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas, vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs corps morts, vous les regarderez comme impurs. »
Mais revenons à notre homme avec un esprit impur. D’abord remarquons que cet homme était à la synagogue donc probablement comme tout un chacun. C’est la présence de Jésus qui déclenche la manifestation. En effet l’impur ne peut supporter la présence du pur parfait qu’est Jésus.
« Quoi de nous à toi, Jésus le nazarénien ? » Incompatibilité complète entre les deux. De plus on peut remarquer que l’impur parle au pluriel, il (elle, l’impureté) est multiple.
L’esprit impur, archétype, sait immédiatement en face de qui il se trouve, la pureté même : « Dieu fait homme », ce dont l’assemblée n’a pas conscience.
« Es-tu venu perdre nous ». La présence de Dieu est incompatible avec l’impur voué à disparaître anéanti. (cf. Is 6. 1-13 où tout le peuple est voué à disparaître).
Mais ce n’est pas à l’impur d’annoncer le Messie de Dieu et Jésus l’oblige au silence et ordonne qu’il quitte cet homme. Ce qui se fait avec fracas.
Mais quel est le changement qu’opère Jésus dans cet homme ?
Il le rétablit dans sa nature humaine de façon totale et entière. Et ceci correspond à rétablir cet homme dans son union avec Dieu. Sa nature humaine étant assumée, il est pur.
Dans d’autres miracles pédagogiques, Jésus dit d’ailleurs : « va et ne pèche plus », ce qui sous -entend que c’est du vrai péché fondamental, originel que le miraculé a été guéri.
(C’est exactement se qui se passe lors du baptême).
Ainsi Jésus est porteur d’un enseignement bien plus grand encore que la simple interprétation de la Torah.
Il est « enseignement » c.à.d. Parole-acte du royaume des cieux qui vient « révéler » le Père et par son salut accomplir la nature humaine en l’unifiant en Dieu.
TOUT HOMME EST DANS L’ETAT DE CET HOMME A L’ESPRIT IMPUR POUVANT GUERIR PAR CE NOUVEL ENSEIGNEMENT QUE JESUS APPORTE DANS LE MONDE.